Le Sportnographe

Me suis acheté une toilette de Canadien

Vous savez, chez Sportnographe, on a Canadien tatoué su a patate. Quand la Flanelle va mal, la patate bat vite et quand la Flanelle va bien, la patate bat vite. Bon, c’est vrai qu’on fait tous du cholestérol, ça doit être pour ça. N’empêche, on a Canadien tatoué dessus. Mais Paul, se faire tatouer direct sur le cœur, ça fais-tu mal, me demandez-vous ? En toute honnêteté, ce qui est le plus difficile à supporter, c’est de se faire ouvrir la cage thoracique avec anesthésie locale seulement. Moi, quand j’ai entendu docteur Côté dire à son assistante : “Diane, irais-tu chercher la moppe, ça pisse partout”, j’ai su, dès lors, que Boum Boum avait eu raison : il n’y en aura pas de facile.

Or, un tatouage de Canadien direct su a patate, c’est déjà pas mal hockey, me semble. Mais, il me manquait quelque chose.

Vous savez, il est vrai que l’on passe beaucoup de temps dans une vie à dormir. C’est pour cela d’ailleurs que dans ma chambre, tout est en Canadien : mes draps, ma femme et quand je dis tout c’est vraiment tout, du pyjama au plancher, qui rappelle la glace du Centre Bell, jusqu’aux rideaux qui sont faits en retailles de chandaux de la Flanelle. Mais, il me manquait quelque chose, écris-je ? Oui. J’étais en manque d’une bécosse (ou back house, pour les puristes) de Canadien.

C’est qu’on passe tellement de temps également dans cet endroit que je me suis dit : “Mon Paul, Guy Fournier aime ça aller aux toilettes, toi, t’aimes ça en pas pour rire aller aux chiottes du Centre Bell. Alors, pourquoi ne recréerais-tu pas cet environnement mythique dans ton beau condo du Plateau, étant donné qu’il s’agit d’une activité quotidienne élémentaire et nécessaire au bon fonctionnement du corps humain et que Canadien est partout, comme Dieu, sauf dans tes toilettes ?”. Oui, c’est précisément ce que je me suis dit. Et c’est exactement ce que j’ai fait. Me suis acheté une toilette de Canadien.

Dedans, chassez que ça sent en permanence le pop-corn et la bière grâce à un merveilleux vaporisateur acheté à la Cabine, qu’on entend des calls de fans saouls morts enregistrés avec nos micros payés avec vos clics et surprise, quand on flushe, Michel Lacroix annonce un but de Dave Morissette. Que voulez-vous, c’est que Michel chargeait pas mal moins cher pour enregistrer ce nom-là que n’importe quel autre nom d’un joueur de Canadien, passé ou actuel. Même P.J. Stock. La crise économique fait mal, ça fait que me suis contenté du Moose.

En té cas, si un jour vous avez la chance d’être invité dans mon modeste réduit, vous vous direz : “TA, c’est comme l’amour, mais pas vraiment”. Et vous aurez bien raison.

On reconnecte un moment donné.

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