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L’avenir de Bulis est au Canada
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L’avenir de Bulis est au Canada

Le Sportnographe vous avait promis un rapport en deux tomes afin de démystifier le cas Bulis ; le premier a été complété sans trop de succès et le deuxième sera sous vos yeux si vous continuez votre lecture. Oui, Bulis, vous vous imaginiez peut-être que nous l’avions oublié, mais, désirant respecter son étrange promesse, le Sportnographe vous revient maintenant avec la suite du reportage que, tous, vous attendiez secrètement. Mais avant de déblatérer sur l’homme derrière le talent, il faut absolument mentionner au passage que notre Bulis et son plein potentiel ne quitteront pas le pays pour le moment, heureusement. Avec tout son petit change, Vancouver l’a choisi parmi les brebis égarées et s’est donc engagé à le payer pour une année entière.

À la fin de la saison, après plusieurs réflexions, possiblement internes, Jan Bulis a ébruité que, au loin, un meilleur sort l’attendait et que, là-bas, son plein potentiel serait enfin reconnu et apprécié. Après cette subtile annonce que Jan avait probablement tirée de son journal intime, à votre plus grande surprise et à notre plus grand regret, Canadien n’a pas démontré le moindre signe d’intérêt envers son joueur supposément vedette comme s’il était content de le voir préparer ses valises. Oui, au printemps dernier, Jan rêvait. De son regard de feu, en laissant aller son imagination, il voyait la pelouse de l’adversaire comme étant plus verte et plus savoureuse. À ce moment-là, sans en parler, les vrais amateurs de hockey savaient que l’agile patineur à la montée souvent décevante irait prochainement fasciner les spectateurs distraits d’une lointaine contrée. Oui, ici, au Sportnographe, nous étions déçus comme vous, mais aujourd’hui remémorons-nous et, ensemble, partageons nos larmes et mouchoirs. Ensemble, survolons le talent de cet homme qui pourrait sous peu remporter un trophée quelconque, car, cette année à Vancouver, plusieurs constatent et admirent déjà le plein potentiel de ce choix de deuxième ronde dans les années 90.

Trop de gens s’impatientent trop vite. Au hockey comme au jardin, il faut laisser le temps à la petite graine de talent que l’on a semée affectueusement de germer afin qu’un jour elle puisse s’épanouïr et nous éblouir. Trop de partisans jettent le chapeau trop vite, ils le sortent dans les belles occasions, mais se lassent, le huent et l’oublient. Derrière des statistiques qui parlent d’elles-mêmes se cache un homme qui aimerait bien performer. Comme l’a dit Patrick Jacques Roy, s’il faut choisir un seul mot dans le dictionnaire pour bâtir une carrière, il faut privilégier le nom « persévérance ». Et avant même que Patrick le dise, Bulis avait déjà choisi un synonyme plus bilingue, le mot « persistance ». C’est son choix, et, comme des professionnels, nous le respecterons afin de préserver notre fragile amitié. Nous lui avons répété la consigne : « Jan, tu peux choisir n’importe quel mot. Es-tu certain Jan ? Tu sais, il y en a des mots dans le dictionnaire ». Et bien, « persistance » serait son choix.

Dans le temps, le Sportnographe vous parlait d’un joueur marqué. Ici, je me citerai : « Pendant la période d’échauffement, les joueurs adverses le regardent patiner, feinter et lancer. On analyse sa technique, son style et ses changements. Il sera fort intéressant de voir Bulis évoluer avec cette nouvelle pression de ses adversaires. » Oui, Jan est parti rejoindre les frères Sedin. Oui, Jan nous avait pourtant promis une explosion de finesse, mais il travaille fort, et tout est une question de persistance. Oui, Canadien doit maintenant surveiller le style de Bulis et marquer son potentiel.

Aujourd’hui, en analysant le peu de renseignements que mes recherchistes m’ont fournis, je constate une certaine tension dans son jeu. Bulis passe près d’une minute par joute au banc des condamnés de son équipe. Soixante secondes par match où le Vancouver est privé de son plein potentiel. Une minute où, puisqu’il réfléchit à son geste, Jan ne peut point compter et penser à sa fiche. Vous serez cependant fiers de votre trente-huit lorsque vous apprendrez dans un instant que Bulis a une fiche de zéro dans le plus et le moins. On peut alors émettre une théorie : Jan nuit autant qu’il aide. Finalement, pour vous, fidèle lecteur, le Sportnographe a calculé les chances de voir un jour le chandail numéro 38 retiré à tout jamais du vestiaire de Tricolore, et elles sont nulles. Bien qu’il vous ait toujours surpris dans des moments opportuns, selon nos sources, Canadien ne croit pas et ne reconnaîtra jamais le plein potentiel de notre ami Jan. Pensez-y.

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