Le Sportnographe

La gueule de bois

Armstrong a dégainé vendredi. Il a placé son .45 précisémment où il le voulait. Samedi, il s’est levé et il a tiré. Bang Bang. Sont tous morts, sauf Basso. Il y en a qui se la sont pris dur. Hamilton, le premier. Il faisait chaud, il avait mal au dos, et devant, ça roulait tellement vite, qu’il a regardé son directeur sportif qui buvait du bon thé glacé dans sa voiture, il a eu soif aussi, et son directeur lui a fait une place du côté passager, Hamilton est embarqué et n’a jamais monté le plateau de Beille aussi vite. Le pauvre Mayo, qui met un pied à terre, incapable de suivre le train d’enfer imposé par les Postals en avant. Il remonte tout de même, avec l’aide de la terre entière et un peu plus, tandis qu’Armstrong lui met 37 minutes au total.

Et le pauvre Ullrich, avec sa gueule de bois qu’on dirait qu’il revient d’une soirée dans un pub de Berlin, la grande bouche ouverte à ravaler les mouches, qui fait de son mieux et ce qu’il peut, et qui limite finalement à 2 minutes 30 sa descente au classement général… Drôle de spectacle.

Et c’est comme ça le cyclisme. Parfois il fait soleil et sous le ciel on veut tous pleurer, en les voyant se défoncer jusqu’à l’effondrement, tous ces dingues de la pédale qui nous semblent presque humains tellement ils ont l’air d’avoir mal. Et souvent c’est comme en ce moment, l’état de grâce passé, on a la gueule de bois, on s’asseoit et on regarde comment ça se gagne 6 Tour de France d’affilés.

Spectaculaire. Dans le sens de spectacle.

Et si on se disait les vraies choses tandis qu’on est entre amis… Tout est très beau monsieur le Marquis sous le ciel bleu de la France mais tout de même, de voir Hincapie et Landis tirer Armstrong à une vitesse pour disjonctés dans les difficiles cols des Pyrennées, tout en en vidant Mayo, Ullrich, Hamilton et les autres, il faudra convenir entre amis, comme ça sans prétentions, que le boulanger des US Postals doit mettre un peu plus d’Oméga 3 dans sa farine que ceux des autres équipes…

Mais bon, coulons avec le navire. De retour sur la route demain pour un petit rien du tout en attendant le contre-la-montre de mercredi dans les Alpes qui ne voudra rien dire sinon que l’on continue le spectacle.

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