Catégorie: Chroniques

“Ma petite entreprise…”

“…ne connaît pas la crise” fredonnait Lance Armstrong aujourd’hui. Et en sirotant un dry martini sur la terrasse du Petit Café St-Léonard, contemplant le Massif Central d’un oeil, et le jaune familier du soleil de l’autre, il devait bien se dire que tout allait comme sur des roulettes pour lui jusqu’ici.

C’est donc une journée de congé méritée entre la 8ième et la 9ième étape en ce lundi, alors que les coureurs tentaient de faire un bon rapport repos/bouffe avant d’entreprendre ce qui pourrait être la section la plus déterminante du Tour de France 2004.

Armstrong est fort, c’est Ullrich qui l’a dit aujourd’hui. Mais on peut se convaincre qu’il n’est pas trop mal en point lui non plus. Suffisamment pour aller chercher la minute qui les sépare ? On verra bien qui aura les meilleures jambes en montagnes. Et cette année, ça devrait exploser de partout. Voeckler, le jeune détenteur du jaune n’est pas trop un problème, mais quand même, dix minutes, c’est dix minutes. Mayo n’a plus rien à perdre. Comptez sur lui pour faire sauter la caisse dans les cols les plus difficiles. Et regardez Herras, et les petits soldats d’Hamilton, ça va faire cinq ans qu’Armstrong est le roi de la montagne et Ullrich n’est pas le seul a en avoir plein la casquette.

On se revoit en montagne. Et si on se perd, je vous attendrai en haut.

Au tournant de la première semaine du Tour…

…que doit-on retenir jusqu’à maintenant ? On crie contre les US Postals d’Armstrong, ces sangsues d’Américains qui sont maintenant partout et même dans un sport qui n’est pas le leur, on crie à l’injustice, au malheur de la compétition, à la fin du Tour. Ces satanés Américains n’ont pas assez de nous faire chier avec leur sale guerre qu’ils viennent en plus gagner les petites guerres chez les autres ?

Mais est-ce que l’on doit vraiment blâmer cette équipe sans erreurs, une armée complète de soldats prêts à mourir pour leur général qu’ils aiment tant ? Doit-on les blâmer pour avoir outrageusement remporté un contre la montre par équipe qui avait été soigneusement préparé, des mois auparavant, pratiqué et repratiqué et rerepratiqué, jusqu’à ce que le parcours soit parfait ? Armstrong est un perfectionniste et c’est la condition pour être un coéquipier du Texan. Pas d’être perfectionniste, mais d’être à l’intérieur de son perfectionnisme. Ne devons-nous pas plutôt blâmer les T-Mobile pour leur apparente absence de stratégie ? Pour la stupidité d’Ullrich qui n’a pas su imposer une équipe montée pour et par lui ? Pour ne pas s’être doté d’une équipe capable de rivaliser avec les Hincapie et Bletran ?

Le clm par équipe de mercredi à démontré que l’équipe américaine était la plus forte, la mieux préparée, équipiers, mécanos, directeurs et préparateurs. Il est normal que l’on retrouve à près d’une minute d’Armstrong le pauvre Ullrich qui, si ce n’avait été de ce stupide nivellement des écarts, en aurait pris beaucoup plus dans la gueule que ce mince 40 secondes.

Et en plus, il ont été chanceux les Postals. Pas de chutes graves, ni de crevaison, ni rien. Mais la chance se prépare vous savez. Demandez le à Mayo. Les 4 minutes qu’il ne digère pas encore sont le lot d’une équipe mal préparée. Que faisait donc son directeur sportif pour qu’à moins de 4 km du premier secteur pavé, les Eukatels n’avaient rien de mieux à faire que de licher les fonds de tiroir derrière un peloton tellement nerveux qu’ils ont pissé dans leur maillot tout le long de l’étape ?

Les gens de La Flamme Rouge s’indignaient aujourd’hui face à cette domination des Américains. Dopés qu’ils disent. Mais tous les coureurs le sont. On comprend l’indignation mais ce sport est un sport de commandite et de vitesse. Ils sont dopés et le seront tant et aussi longtemps que le peloton aura besoin d’aller à la vitesse de la commandite. Si vous doutez de la vitesse nécessaire pour attraper une commandite, demandez à Paul Martin, il vous dira à quel point ça roule vite, les commandites.

En attendant, ne manquer surtout pas la deuxième moitié de semaine prochaine : le début des montagnes. Ça ne se jouera pas là, mais au moins, on saura où le Tour s’en va.

Le train de la poste américaine

Étape 4 – CLM par équipes – Ce cowboy n’arrête jamais. On le croît mort, ou on le souhaite, c’est au choix, et il nous revient en force. Comment décrire le contre-la-montre d’aujourd’hui ? Frustrant ? Peut-être, tout dépend de la place qu’a Lance Armstrong dans notre coeur.

Personnellement, je préfère Ullrich. Parce qu’il a des problèmes de poids, parce qu’il est tout plein de talent, parce qu’il est l’éternel deuxième et qu’il m’apparaît un peu plus humain. Et aussi parce qu’il roule sur du gros braquet. Ça donne une impression de puissance. La puissance, c’est la plus grande qualité dans une étape comme celle de ce matin.

Finalement sur les 64 kilomètres sous la pluie, tandis qu’au premier temps de passage on croyait les Postal dans une mauvaise journées à près de 40 secondes des Baléars (meneurs au premier intermédiaire), les cheveaux de traits du favori se sont mis à galoper en un train d’enfer ( tout près de 54 km/h de moyenne) pour prendre au final pas moins de 1’ 07 secondes sur les Phonak d’Hamilton et surtout, surtout 1. 19 sur les T-Mobile d’Ullrich.

Quoi retenir ? Une course parfaite pour les US Postal. Pas de crevaison, un seul homme lâché en début sans conséquences. On les croyait mort en début de parcours ? Il est pas con Armstrong, qui connaît son groupe par coeur, et surtout qui connaît bien la course. À quoi bon tuer son groupe dans les premiers kilomètres quand on sait que le plus dur est de tous les tenir à une vitesse démente ? Nous, les cons, tandis que l’on jubilait au passage du premier intermédiaire, Armstrong, lui, s’est levé, comme Papa Noël le 24 décembre au soir et à crié fort « Allez Hincapie ! Allez Ekimov ! Allez Landis et tous les autres ». Et ils ont volé les rouleurs, aussi vite que le vent. Et paf, premier coup de pistolet dans les jambes de ses colistiers, aspirant à la redinguote jaune.

Et les autres, on retient quoi des autres ? Des autres, on retient surtout la veine des Postal, encore eux. Les T-Mobile, crevés deux fois. Les CSC, chute et crevaison et les Phonak qui finissent à cinq coureurs, la limite permise. De très bonnes conditions dans les circonstances d’une pluie battante. Mention plus qu’honorable au Illes Balears – Banesto de Menchov, une troisième position plus que méritée et surtout inattendue.Ils ont tous fait de leur mieux, mais leur mieux n’arrive pas à la cheville d’une équipe américaine en forme comme elle l’était aujourd’hui.

Maintenant, on se demande s’il y a encore un Tour… 55 secondes au cumul pour Armstrong sur Ullrich, ça paraît bien peu, mais sur roue, c’est un monde. Mais le tour n’est pas joué, loin de là. Il nous reste les étpaes de montagnes qui vont casser les plus fragiles, et les deux dernier CLM individuels, dont le dernier, à la veille des Champs-Élysées, qui fait peur. Vraiment, si aujourd’hui Armstrong a démontré que son armée était la plus forte, il restera à voir qui sera le général le plus stratégique lors des batailles individuelles. Là-dessus, avantage Armstrong. Encore une fois.

Fin de la séquence d’Éric Gagné

Après 84 sauvetages de suite, le lanceur québécois a connu son premier sabotage depuis le 26 août 2002. Malgré ce sabotage, les Dodgers l’ont tout de même emporté sur les Diamondbacks 6 à 5. C’est une triste nouvelle, mais au fond, on s’en sacre du baseball.

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