Auteur: Paul Meilleur-Aucoin

Revenir à la base, d’accord, mais laquelle ?

Canadien s’écroule, s’effondre, s’absente, s’éloigne, s’embourbe, s’enlise, s’enfonce, s’enfouit, s’enterre presque, mais ne s’améliore pas. Cela ferait un long titre pour une une de quotidien populiste. Cela ferait aussi montre d’une grande maîtrise de l’élision. N’empêche qu’il aurait raison, le chef de pupitre.

Que faire alors ? Et bien, il est beaucoup question de revenir à la base ces temps-ci afin d’assurer Canadien d’une place dans la course vers les séries minatoires. Vous en conviendrez, parler ainsi de « base » appelle à une définition des concepts, dirait le bon vieux Max Weber.

À l’écoute de son lectorat, le Sportnographe a donc décidé d’allouer une portion de son espace d’hébergement à une entrevue avec Marc Aubut, entraîneur du Lightning d’Hérouxville, catégorie Bantam C (récréatif). Cela afin de savoir ce qu’on parle.

Sportnographe : Monsieur Aubut, qu’est-ce que la base, sinon le fait de garder ça simple ?

M. Aubut : La base est dans les détails. Surtout les petits, mais aussi les moyens quand on y pense. Il faut toujours s’assurer de les faire contre une équipe qui est dur de jouer contre. Par exemple, marquer. Pour ça, il faut lancer. Idéalement à partir de la slotte.

Sportnographe : Est-ce inné ou acquis ? Claude Lévi-Strauss demanderait si cela relève de la nature ou de la culture. Au fait, ça s’apprend ou pas ?

M. Aubut : Oui.

Sportnographe : Comment ?

M. Aubut : Dans une pratique. Moi, je sépare toujours la glace en quatre avec des bandes en bois et je donne un puck à toutes mes gars. Chacun leur tour ils lancent dessus le gardien, idéalement un peu à côté. L’objectif, c’est d’atteindre le but. Si ça marche pas, le joueur se rapproche. Un moment donné, il marque. Pis il recommence jusqu’à temps que c’est facile pour lui.

Sportnographe : Guy Carbonneau parle ces temps-ci d’acheter des buts. Qu’en pensez-vous ?

M. Aubut : Il pourrait aussi en louer (rires).

Sportnographe : Avec le Hérouxville, faites-vous des séances vidéo ?

M. Aubut : Écoute, on tape même pas les games. Je pense qu’un tableau pis des flèches, ça fait la job. Avec un bon feutre, on voit ben.

Sportnographe : Vos joueurs se présentent-ils à chaque match ?

M. Aubut : Ben ça l’aide. Quand y’en manque trop, le deuxième goaler joue à défense. Pis est pas pire la petite.

Sportnographe : Et le sentiment d’appartenance à l’équipe, est-ce que cela fait partie de la base ?

M. Aubut : C’est certain que c’est sûr. À Hérouxville, on a seulement des enfants du peuple, contents de wearer le chandail du Lightning. Pis ça mangent des hot-dogs avec des Jos-Louis après la game, pas des Shish Taouks avec des Baklavas (NDLR : Sportnographe a aidé M. Aubut, car il parlait de Chit Ta Out et de Burka).

Sportnographe : Merci monsieur Aubut.

M. Aubut : Cool. Ça va t’être publié quand ?

* Propos recueillis par Paul Meilleur-Aucoin.

Réinventer la muraille pour assurer Canadien d’une place en séries minatoires

Décidément, Canadien rappelle de plus en plus Expos à ses dernières saisons, à savoir cette foutue manie qu’il a de commencer en lion pour finir en queue de méné. Youppi loge maintenant au Centre Bell, un lien peut-être ?

Et si nous couchions sur écran quelques possibles explications et une solution avant la partie toutes étoiles ? Ici, au Sportnographe, nous n’avons pas à répondre à la sacro-sainte loi de la cote d’écoute, voilà pourquoi nous réfléchissons et analysons vraiment.

D’abord, cette année, les cerbères de Canadien se font charger plus que jamais. De cayoutchou, certes, mais aussi de derrières de gros joueurs qui, la rondelle sont capables de la mettre dedans, cela après le retour mal gobé. Devrions-nous congédier Rollie Melanson pour engager Steve Penney, recyclé en vendeurs de lunettes ? Quelques conseils contre la vue voilée aideraient.

Et puis, il y a cette avance de Canadien dans le classement qui fond comme glacier en Antarctique. Dans ce cas-ci, pas besoin cependant d’envoyer un voilier en expédition pendant huit mois afin de constater que ça chauffe. Pas le temps, la vraie saison approche. Mais que faire ? Signer le protocole de Koivu ?

Enfin, l’avantage numérique n’avantage actuellement le Trois Couleurs que par le nombre numérique de ses joueurs présents sur la glace dans cette situation. Ajouté à cela le désavantage numérique qui ne voit plus Higgins toucher le fond du filet par surprise et qui nous prive de « Ma parole ! » (Houde, 2007), voilà un bouquet d’infos qui donne à penser que « c’est la raison pour laquelle il est celui » (Pedneault, 2007), Canadien aviez-vous reconnu en ce « il », qui est dans la marde.

Mais comment se sortir d’une si fidèle gastro ? Un sondage Léger-Léger, vite-vite.

La solution proposée est la suivante : réinventer le concept de muraille autour du filet de Canadien. Huet et Aebischer ne suffisent plus à la tâche, il faut désormais que tous s’y mettent. Au sens littéraire et littéral du terme, et même comme su’l tableau de Carbo. Tous, comme dans touttes les joueurs. Fini les stratégies et le vidéo, tout le monde d’vant le net. Concept : muraille de CHine.

À cinq joueurs en plus du cerbère, ça restreint le probable d’enfiler le palet dans le cordage. Résultat : jeu blanc quasi assuré, et du coup, une joute nulle en raison de la présence constante des 5 joueurs de Canadien devant sa cage. Notons que cela donne au moins un point par match qui s’ajouteront en banque et qu’on ne pourra nous enlever, assurent les experts.

En prolongement de joute, même scénario : tous d’vant le net. Et puis, avec la fusillade, en demeurant conservateur et en n’envoyant pas Koivu mais Dagenais s’il était encore dans le club, il est permis d’espérer au moins 10 victoires (10 points) sur les 35 parties qui restent à jouer.

En récapitulé : si on ajoute le total de points qui seront accumulés en matchs soldés à égalité au terme de trois vingt (35) aux hypothétiques 10 points obtenus en carabinade, tout cela au coussin déjà en banque (55 en date du 17 janvier 2006), voilà Canadien assuré d’une place en série avec une somme de 100 points au classement.

Qu’en pensez-vous ?


NDLR : Le lecteur fin observateur aura recensé 7 joueurs sur la photo, en plus du cerbère, ce qui donne à penser à une punition de Canadien pour trop de joueurs sur la glace et à une faille dans la solution proposée. C’est qu’au moment de mettre pressé sur le net, Canadien nous informait que certains joueurs n’avaient pas encore compris le concept proposé par le Sportnographe, ce qui ne saurait tarder, nous confirmait hier Donald Beauchamp.

Rapatrier le vétéran joueur de centre Craig Darby

Note de la direction : Paul Meilleur-Aucoin vient d’être engagé par le Sportnographe à titre de joueur autonome. Petit Paul, dont la photo arrivera sous peu, a déjà arboré les couleurs de l’équipe nationale et représente une belle prise pour ce site. Cela dit, le fait que le Sportnographe engage un inconnu juste parce qu’il le connait (c’est logique), sans trop passer d’entrevue ne doit en rien ralentir l’ardeur des plamplemousses qui donnent leur 110%. Peut-être qu’un jour, ce sera votre tour.

Au Sportnographe, il y a parfois de ces éclairs de génie qu’un paratonnerre ne saurait stopper. Hier, réfléchissant à l’avenir de Canadien en jetant un coup d’œil dans l’angle mort de l’histoire, je me suis souvenu de mes années passées à Québec où, comble de l’insulte pour l’amateur du Nordique, nous pouvions assister à rabais aux parties du sous-sol de Canadien, le Citadelle, au Colisée désormais commandité (dont nous tairons ici le nom, car nous sommes contre le placement de produit).

Ainsi il est bon de se remémorer la puissance de l’attaque à cinq formée de ces joueurs dits « dans le système » de l’époque : Éric Chouinard, Pierre Sévigny, Éric Landry, Patrick Poulin, Arron Asham et parfois, dû à un mauvais changement, Marcel Hossa.

Toutefois, en termes de joueur d’impact, un nom se distinguait d’entre tous (en fait, aucun joueur ne s’appelait du même nom qu’un coéquipier, mais bon) et c’est celui de Craig Darby. À sa seule saison à Québec, il avait amassé 71 points en 66 parties, dont 55 passes. Garbage scorer et fin passeur, il était même parvenu à faire produire Jason Ward, ce qui n’est pas peu dire, cela après avoir enfilé l’uniforme de Canadien au cours des saisons 1999 et 2000, saisons dont les faits saillants se résument aux blessures du club.

Plusieurs points militent en faveur du rapatriement de Darby à Montréal et d’un trou pour lui sur le deuxième trio, à la place de Plekanets. D’abord, il est bien vu depuis quelques années d’effectuer un retour dans l’une de ses anciennes équipes à titre de vétéran en manque de Stanley.

Et puis, fait notable, Darby jouait du banc dans l’uniforme du Islanders à l’époque même où Kovalev hockeyait pour l’équipe rivale voisine de rive, le Rangers, ce qui veut dire qu’il a pu l’observer de près et saisir les bases de son jeu, comme virer sec aux oreillettes avant de décocher un plomb dans le top net ou sur le poteau. Un tel atout devrait lui permettre d’alimenter Kovy à merveille avec Canadien. Et puis, Darby joua avec le Moose du Manitoba en 2005-2006, saison où Samsonov effectua lui aussi un séjour dans l’Ouest canadien mais avec le Oilers, ce qui donne à penser au Sportnographe que Darby ait pu y voir jouer Farfadov. Le cas pas échéant, vous admettrez que la base du jeu de Serge est néanmoins facile à saisir.

Et si, malgré nos arguments, Canadien hésitait à voler Darby aux Panthers d’Augsburg avec lesquels il évolue présentement en Europe, Robert Gainey pourrait à tout le moins négocier un emprunt post-moderne de fin de saison « à la Mark Recchi et Doug Weight ». La coupe ramenée à Montréal et la parade terminée, Darby pourrait retourner en Europe y panser ses bras meurtris avec la satisfaction du flambeau passé.

Et vous, qu’en pensez-vous ?

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